A moins d’exceller dans l’art de la négociation, il s’agit d’un exercice assez difficile qui peut en décourager plus d’un. Demander une augmentation de salaire est un moment que beaucoup d’entre nous redoutent. Pourtant croire qu’une augmentation sera automatiquement attribuée, sans avoir à la formuler, ne mène qu’à la déception. Mais quel est le bon moment pour la demander ? Comment formuler sa demande ? Quel montant solliciter ? Comment réagir en cas de refus ? La CFTC SG vous conseille.

1- Identifier le bon moment

Une demande d’augmentation de salaire peut être formulée à tout moment, sous réserve d’être réalisée dans un contexte propice. Elle peut ainsi être émise, dès lors que vous êtes prêt à aborder le sujet ou qu’un évènement le justifie, à l’occasion d’un entretien avec votre manager. L’important est de s’assurer que votre interlocuteur est disponible et à l’écoute.  En effet demander une augmentation à votre manager, qui se rend à une réunion et que vous croisez dans le couloir, n’a que peu de chance d’aboutir.

Si vous souhaitez augmenter vos chances de succès, il est aussi préférable de choisir un moment magique. Vous savez ce moment où les enveloppes budgétaires, dédiées aux augmentations annuelles, sont abordées et que les managers décident qui en bénéficiera et à quelle hauteur. Car c’est bien à votre manager que cette demande doit être formulée et non pas à la Direction des Ressources Humaines.

Dans notre entreprise, l’enveloppe globale consacrée aux mesures individuelles est déterminée lors des NAO (négociations annuelles obligatoires). Les attributions sont fixées en mars, suite aux propositions formulées pendant la campagne d’évaluation annuelle (octobre-novembre), et sont distribuées aux salariés concernés en avril.

Pour ne pas passer à côté de ce moment, vous l’avez donc compris, l’entretien annuel est LE moment favorable pour aborder le sujet ou pour renouveler sa demande (à réserver en seconde partie d’entretien). Cet entretien constitue un moment d’échange privilégié avec votre N+1, permettant de réaliser un bilan du travail effectué dans l’année, mais aussi d’aborder les projections et donc légitimement vos souhaits d’augmentation. En revanche vous ne serez pas seul à formuler cette demande, il vous faudra donc être prêt.

2- Préparer la bonne formulation

Cela peut sembler évident, mais une demande d’augmentation de salaire se prépare tout comme vous le feriez pour un entretien d’embauche.  C’est pourquoi, afin de ne pas perdre vos moyens le jour J, vous devez préparer vos arguments. Une demande de revalorisation salariale ne peut s’appuyer sur le seul constat que vous avez fait, d’être moins bien payé que votre collègue.

Ainsi lors de l’entretien, vos réussites doivent être soulignées et nécessairement accompagnées d’éléments factuels quantitatifs et qualitatifs. Avoir mené à bien des projets dont vous aviez la charge, avoir atteint, voire dépassé ses objectifs annuels, sont des éléments de mesure de votre performance. Faites valoir les nouvelles compétences acquises, tant en termes de savoir-faire, que de savoir-être et qui illustrent à la fois votre engagement et votre motivation. Et surtout soutenez vos arguments avec des exemples précis.

Il peut être difficile pour certains, de se mettre en avant de but en blanc, n’hésitez pas alors à poser des questions à votre manager. Demandez-lui s’il est satisfait de votre travail/de vos résultats, etc… puis déroulez vos arguments minutieusement préparés. Cela lui permettra d’arriver à la même conclusion que vous, sans avoir l’impression de réclamer.

Une attention particulière devra être portée sur le niveau d’atteinte renseigné pour chacun des objectifs car un niveau « au-dessus des attentes » favorisera la demande de réévaluation. Ne négligez donc pas cette information.

3- Prévoir le bon montant

Préparer son entretien, c’est aussi chiffrer ses souhaits en montant, tout en restant réaliste. Chaque cas est bien différent c’est pourquoi ne vous comparez pas aux collègues. Renseignez-vous sur le salaire moyen de votre poste en prenant en compte les paramètres d’expérience mais aussi de localisation. La demande d’augmentation de salaire, est une négociation alors demandez toujours un peu plus que ce que vous désirez (tout en restant raisonnable, on le répète). Il s’agit d’un échange dont l’objectif est d’aboutir à une entente. Dans cette négociation d’autres éléments que votre rémunération annuelle (RAGB), peuvent être envisagés comme par exemple, une augmentation de votre part variable ou pourquoi pas une prise en charge de vos frais de déplacements. Pour vous aider à vous situer, vous pouvez notamment vous référer à la convention collective de la banque (consultable sur legifrance.gouv.fr). Vous pouvez aussi nous contacter en utilisant notre formulaire de contact.

N’ayez pas peur des moments de silence après avoir exprimé votre demande. Ce n’est pas le moment de revenir en arrière mais bien de laisser le temps à votre manager de prendre en compte vos arguments. Le malaise engendré par un silence prolongé est naturel et il est aussi propice à créer un climat calme et détendu, dans un exercice qui n’est pas des plus aisés. Alors maintenant que vous avez franchis le cap de la demande : pas de justification maladroite, ni de rétropédalage et laisser votre manager reprendre la parole.

Gardez néanmoins à l’esprit qu’il ne sera pas toujours en capacité de vous donner une réponse lors de ce même entretien et devra lui-même suivre un process, pour voir s’il est en mesure d’accéder à votre demande.

Et en cas de refus ?

Vous avez peut-être fait tout ce qu’il fallait mais votre augmentation de salaire vous est refusée. Le principe de base : aucune menace ! Rien ne sert de se braquer. Restez toujours respectueux, professionnel et positif car l’inverse vous sera, sans aucun doute, préjudiciable.

Vous pouvez légitimement demander des explications sur les raisons du refus mais aussi les éléments qui permettraient une nouvelle étude et sous quelle échéance. Ne baissez pas les bras. Ce n’est pas parce que vous n’avez pas obtenu votre promotion, que vous n’obtiendrez rien. Analysez les arguments avancés et, tirez-en les conclusions nécessaires pour réitérez votre demande.

Le rôle de la CFTCSG est de vous accompagner. En cas de refus non justifié, nous pouvons vous aider, n’hésitez pas à nous contacter.

 

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